Pratiquer la Thérapie Narrative, ce n’est pas appliquer une méthode.
C’est habiter une intention, portée par une posture double : décentrée et influente.
Décentrée d’abord.
Comme l’anthropologue,
s’avancer dans le monde de l’autre
sans y projeter son regard.
Avec curiosité, avec patience,
écouter ce qui se dit – et ce qui se tait.
Éclairer ce qui travaille en creux.
Influente aussi :
soutenir un mouvement discret mais profond :
celui par lequel une personne peut retrouver autorité sur son histoire,
rallumer ce qui semblait éteint,
et laisser émerger, peu à peu, une autre trame.
Accompagner sans diriger, sans interpréter,
ouvrir des possibles sans imposer de voie.
Souvent, l’on confond « décentré » et « influent ».
Et parfois, à trop vouloir rester décentré, on oublie d’exercer une influence,
alors l’accompagnement s’enlise.
J’ai souvent rencontré cet écueil en supervision.
C’est ce qui m’a poussée, dans mes formations, à rendre ces nuances plus lisibles.
Pour que la posture reste vivante, et fidèle à ce qui la fonde.
C’est dans ce double ancrage que d’autres récits deviennent possibles.
Là où la respiration revient, et où l’avenir reprend souffle.

