Le silence aurait été plus simple.
Mais pas plus juste.
Qu’un schéma soit modifié, transformé, puis attribué à son autrice d’origine n’est pas, en soi, si important.
Mon nom s’est diffusé, je pourrais m’en satisfaire.
Sauf que.
Quelque chose d’autre s’y jouait.
Dans nos pratiques narratives, le sens n’appartient, ni à celui qui écoute, ni à celui qui observe,
mais à celui qui parle.
C’est l’un des gestes fondateurs de la posture narrative :
ne pas remplacer une parole par notre interprétation,
ne pas redessiner le territoire d’une autre personne à partir de nos propres contours,
ne pas imposer un sens là où une autre intention a été posée.
Ici, une ligne a été franchie, doucement, mais clairement.
Un écart entre la posture dite
et la posture tenue.
Il fallait nommer cela.
Pas pour créer un conflit,
mais pour remettre une source à l’endroit juste
et dire qu’une ligne avait été passée depuis longtemps.
Quitter l’invisibilité demandait ce passage-là.
L’essentiel est là.
Le mouvement peut reprendre.
La suite émergera là où je travaille depuis toujours : entre le vivant des pratiques et les repères qui les orientent.

