Il existe une surveillance intérieure qui ne dit pas son nom

Jan 29, 2026

Il existe une surveillance intérieure qui ne dit pas son nom.
Elle ne frappe pas.
Elle instruit.

Elle dit :
« Fais mieux. »
« Sois moins. »
« Ne déborde pas. »
« Pour qui te prends-tu? »

Et, plus insidieusement encore : « Tu sais bien que tu n’en as pas le droit. »

Cette voix n’est pas la nôtre.
Elle est l’héritage d’un long dressage :
Des siècles de contrôle, puis d’injonctions plus subtiles, toutes parfaitement intégrées, façonnant nos récits, à force.
Au point que nous les prenons pour nos propres pensées, pour une vérité.

Comme une radio en bruit de fond.

Dans son livre « Résister à la culpabilité »,
Mona Chollet montre comment la culpabilité devient un outil de pouvoir :
elle tient, elle retient, elle domestique à bas bruit.
Elle nous maintient dans un rôle précis, souvent loin de ce que nous aurions choisi.

En narrative, on l’entend dans les plis et les replis :
dans ce qui ne se dit pas,
dans ce qui s’interrompt,
dans ce qui se justifie alors qu’il n’y a rien à justifier.

La culpabilité réduit le vivant.
Elle organise l’invisibilité.
Elle fabrique un récit où l’humanité en nous disparaît.

Nommer le mécanisme, c’est déjà desserrer l’étau, et laisser une chance au silence.

Si cette culpabilité se tait, qu’est-ce qu’on entend d’autre ?

75 bd Saint-Michel - 49100 Angers

CONTACT

13 + 5 =