Au commencement de notre culture occidentale, il y a une histoire que tout le monde connaît
et que presque personne n’interroge.
Un récit dans un jardin, une histoire de fruit, de transgression.
Une métaphore, où une femme parle, désire, choisit.
On raconte que c’est à cause d’elle que l’Eden est devenu notre paradis perdu.
La Genèse ne raconte pas seulement une chute.
Elle donne une forme à la morale :
la faute, la dette, la punition,
et cette idée, figeante : le désir est coupable.
Mona Chollet (toujours dans « Résister à la culpabilité », le décrit avec précision :
la culpabilité occidentale puise une grande partie de sa force dans ce mythe d’origine,
dans cette scène inaugurale où la curiosité devient faute, et où la liberté devient menace.
Ce récit est ancien.
Mais ses effets, eux, n’ont jamais cessé.
On les retrouve dans les retenues de nos vies :
dans la manière dont on s’excuse d’exister,
dont on se rétrécit pour “ne pas prendre trop de place”,
dont on surveille nos propres élans, que l’on rend invisibles.
En refusant l’héritage de la culpabilité , qu’est ce qui devient à nouveau possible ?
Crédit visuel : « Mystère » de Bozoc, peintre, sculpteur, Huelgoat.
La Genèse ne raconte pas seulement une chute
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